Laurent Possa

Suisse, sculpture

Né en 1959, mes frères d'armes auront été, picturalement parlant, les F. Boisrond, R. Combas, H. Di Rosa, K. Haring et autres K. Sharf, tous artistes de même génération. Dès le départ, c'est l'universalité du langage des formes, du signe et du symbole qui me fascinera et m'interpellera. A partir de 1990, cette exploration se matérialisera et se concentrera sur une activité de découpage, un atavisme, peut-être, qui m'aurait fait renouer avec une partie importante de mes racines?
Mais plus encore, c'est la conviction que des valeurs fondatrices sont véhiculées, de génération en génération, sous couvert d'art populaire ou même d'objets totalement vernaculaires, qui me fera assumer de répondre à ce besoin d'ajourer la matière. Bientôt les chutes du découpage m'apparaissent aussi parlantes que les motifs eux-mêmes. Désormais elles feront partie intégrante de l'oeuvre et forgeront diptyques ou installations, le langage abstrait des chutes tutoyant et complétant la figuration des découpages. Tous les matériaux y passent : papier, bois, métal, pierre, matériaux synthétiques, végétaux même. Récemment, ce fut le tour d'une roulotte de chantier métallique (Projet Babel Art, en collaboration avec Sabine Zaalene). Les réalisations s'enchaînent de la miniature à la sculpture monumentale. Aujourd'hui, sculpture sur pierre, mobilier urbain ou design m'interpellent également. La porte reste cependant grande ouverte pour la peinture, l'installation ou la performance qui m'intéresse tout particulièrement pour sa prise directe sur le public. 14 ans de présidence de l'Association Ferme-Asile de Sion m'auront permis de vivre l'expérience très contrastée de la création d'un lieu d'artistes. Le rôle et l'engagement de l'artiste dans sa société demeure une préoccupation capitale.