Née en 1984 à Gaza (Palestine), May Murad vit et travaille actuellement à Paris en tant qu’artiste plasticienne indépendante. Elle a étudié les Beaux-arts à l’Université Al-Aqsa (Gaza) dont elle sort diplômée en 2006. Elle poursuit et approfondit son travail, en développant ses techniques de dessin et peinture.
May Murad tire son inspiration de sa propre expérience à Gaza, avec toutes les implications sociales, économiques et politiques qu’entraîne la situation actuelle. Elle considère que les artistes de Gaza ne se limitent pas à exprimer leurs sentiments et à témoigner d’un état de fait, mais œuvrent au contraire, avec courage et opiniâtreté, à trouver une solution ou tout du moins un sens, au mystère insondable qui constitue leur vie en état de siège.
Ses recherches artistiques abordent les questions d’identité, d’enfermement et de confinement, de rapports de domination et de violences sexuelles à l’égard des femmes, en partant de sa réalité locale, pour la mettre en perspective avec une approche comparative à l’échelle globale. Ces recherches sont d’autant plus d’actualité dans un contexte global de confinements successifs et d’éloignement social, dans lequel s’efface la limite entre l’action et l’inertie, et dans lequel faire face à nous-même, à nos émotions et à la solitude dans laquelle nous nous sommes retrouvés, représente un défi au quotidien.
Parallèlement à ses propres recherches artistiques, May Murad a acquis une expérience variée dans l’enseignement et anime plusieurs ateliers (animation 2D ou pratique théâtrale avec des enfants et des adultes, stages de peinture ou d’artisanat avec matériaux de récupération) et dans des programmes d’art-thérapie.
Elle a validé un diplôme en master II à la Sorbonne Nouvelle Université en géopolitique de l’art et de la culture, où elle traite de l'art palestinien contemporain en temps de crise. Elle est actuellement doctorante en 3EM année.
Son art reflète sa conviction que les artistes de Gaza ne se contentent pas de documenter les difficultés, mais cherchent activement un sens à la vie sous le siège. Le travail de Murad fait le lien entre les réalités locales et les enjeux mondiaux, en particulier les concepts d'enfermement et de distanciation sociale dans le monde d'aujourd'hui.
Outre ses nombreuses expositions individuelles et sa participation à des expositions collectives dans différentes villes de Palestine, Murad a organisé plusieurs expositions individuelles à l'étranger, notamment « Réalité Virtuelle » (Cité Internationale des Arts, Paris, 2021) et « Digital Residence » (Galerie Europia, Paris, 2019).
Ses expositions collectives ont été présentées dans des lieux prestigieux tels que le Palais de Tokyo (2024), le Musée d'Art Contemporain de Montpellier (2022) et l'Institut du Monde Arabe (2023). Elle a participé à plusieurs résidences artistiques, notamment à l'École supérieure d'art d'Annecy (2021), à la Cité internationale des arts (2021) et à la Fondation Dufraine (2019-2020). À travers son travail, May continue d'aborder les complexités de la vie à Gaza, l'identité palestinienne et la résilience des communautés marginalisées.